L'invention du cinématographe n'est pas un long fleuve tranquille
21.04.2010
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Par Les conquérants de l'illusion
Photo: appareil à 12 objectifs d'Albert Londe
Autour des années 1890, les tentatives pour projeter une image animée se multiplient. Les inventeurs se livrent à une course acharnée.
Extrait du livre "Les Lumiere" de Guy et Marjorie Borgé, Editions Lyonnaises d'art et d'histoire 2004 (dans lequel Leprince n'est pas cité...):
"Autre dénigreur des Lumière, Albert Londe est pionnier de la photographie médicale. Il est lui- même inventeur d'une sorte de chronophotographe à 1 2 objectifs. ll considère les inventeurs du
cinématographe comme des capitalistes soucieux de publicité et de bénéfice. Le méchant article paru sous sa plume dans le Chasseur Français de mai 1896 trouve heureusement peu d'échos dans l'
opinion : « ... Le cinématographe ne renferme donc aucune idée nouvelle et le succès de curiosité qu'il a obtenu ne paraît provenir que de la curiosité du public désireux de voir des
expériences qui n'étaient pas sorties du laboratoire scientifique jusqu'à présent, et surtout d'une réclame très habilement faite par des capitalistes intéressés à la réussite d'une affaire qui
est avant tout financière... »
De son côté Grimoin-Sanson, autre chercheur du cinéma, raconte dans Le film de ma vie : " Nous étions en décembre 1895 et je mettais la dernière main à l' appareil de projection pour obtenir
des vues aussi claires que possible... Mais un jour Albert Londe arriva chez moi tout bouleversé :
- « Mon pauvre Sanson, s'écria-t-il, tu n'exploiteras pas le premier. Lumière vient de débuter au Grand Café. Vas-y donc voir! » Je m'y rendis le soir même et je constatai que Londe avait dit
vrai. Le cinématographe, mon rival, avait commencé d'amuser la foule. Lumière m'avait distancé de quelques jours ". Grimoin-Sanson oublie l'existence du brevet Lumière demandé dix mois plus tôt
et l' organisation en mars de la première projection. Ancien collaborateur de Marey et maintenant brouillé avec lui, Georges Démeny réclame de son côté l'antériorité de l’appareil qu'il a vendu
à Gaumont. Ami des Lumière, ce dernier proteste aussitôt et rétablit la vérité. ll rappelle que le brevet du chronophotographe réversible Démeny remonte seulement au 25 mai 1895 et que cet
appareil ne fonctionnera réellement qu'à l'été 1896."